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Le rapport Descoings : un bel exercice intellectuel. Et maintenant ?
Beaucoup d'éléments de ce rapport relèvent du consensus : une réforme du lycée est nécessaire afin d'améliorer l'accès à l'enseignement supérieur pour tous. On peut cependant regretter certaines approximations qui fleurent quelque fois la démagogie : • Opposer les bons lycées de centre ville aux autres : la quasi totalité des établissements souffre d'un mal dont le rapport parle peu et pour lequel il préconise encore moins de remèdes, c'est l'absentéisme et la démotivation d'un nombre croissant d'élèves que certes M. Descoings ne risquait guère de rencontrer. • Si la qualité de vie au lycée et le "moral" de la communauté éducative sont des éléments importants dans la dynamique de réussite d'un établissement, ils ne sauraient masquer la mission essentielle dévolue aux établissements scolaires : le lycée est certes un "lieu de vie" mais d'abord un lieu de travail et d'éducation à la vie sociale. • La place de l'éducation physique et sportive doit certainement être grande mais peut-on préconiser les créneaux horaires après 15 ou 16 h en ignorant les problèmes liés à la disponibilité des installations et des professeurs ? Suffit-il d'affirmer cette importance du sport pour là encore régler le problème de l'absentéisme et des certificats médicaux de complaisance… • Le paragraphe "Des lycéens qui décident" illustre particulièrement un accent démagogique. Faut-il rappeler que dans les domaines évoqués, c'est le conseil d'administration dont les lycéens sont membres à part entière, qui prend les décisions ? De plus les différents organes de concertation existent. En donnant plus de pouvoir à certains lycéens, dont la représentativité est souvent problématique, peut-on sérieusement penser que le lycée fonctionnera mieux?
Mais, sur bien des points, le rapport pose les vrais problèmes du lycée actuel et propose des pistes de réflexion ainsi qu'un certain nombre de solutions intéressantes. Certes l'évaluation du métier de professeur est un dossier délicat qui risque de susciter des mouvements tant au niveau des intéressés que des élèves mais une vraie réforme ne peut ignorer cet élément essentiel du fonctionnement du lycée. De même, la place importante de l'orientation ne peut que déboucher sur une rénovation du métier et du statut des COP comme de leur nombre ainsi que de leur rattachement éventuel au lycée. Le consensus existe aussi sur le maintien et sur la nécessaire rénovation du baccalauréat ainsi que des trois filières générale, professionnelle et technologique.
Le syndicat Indépendance et Direction est prêt comme il l'a fait dans le dossier précédent à participer de façon constructive mais aussi critique au débat.
Le Secrétaire Général
Richard Wach
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